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LE CORONAVIRUS FAIT-IL FUIR LES LOCATAIRES PARISIENS ?


Publié le 11 septembre 2020

LE coronavirus fait-il fuir les locataires parisiens ?

Les effets de la pandémie se font ressentir avec vigueur sur le marché locatif. Les demandes ont brutalement chuté à Paris. Parallèlement, de nombreux propriétaires de logements en location saisonnière devraient opter pour la location longue durée. Tous les chiffres sur cette lame de fond.

Les recherches de logements à louer à Paris ont chuté de 23 % entre le 11 mai - date du déconfinement - et le 31 août 2020 comparés à la même période de l'année précédente. (Joël Saget/AFP)

Le coronavirus provoquerait-il un exode des locataires parisiens ? Il semble que oui selon le dernier baromètre des loyers SeLoger*. Ainsi, les recherches de logements à louer à Paris ont chuté de 23 % entre le 11 mai - date du déconfinement - et le 31 août 2020 comparés à la même période de l'année précédente.

C'est un chiffre « historique », avance Séverine Amate, porte-parole du groupe SeLoger. Une tendance d'autant plus spectaculaire que les recherches de locations ont augmenté dans les 9 autres grandes villes étudiées (encadré). C'est le cas particulièrement à Nice (+40 %) et Bordeaux (+36 %).

Hausse des demandes de location dans les grandes villes de province:

Lyon (+6%), Marseille (+29%), Nice (+40%), Bordeaux (+36%), Toulouse (+21%), Nantes (+12%), Rennes (+10%), Strasbourg (+6%), Mulhouse (+12%)

Source : SeLoger

Report vers d'autres villes ?

S'il est trop tôt pour l'affirmer, il est difficile de ne pas voir dans ce repli locatif de la capitale un report vers d'autres villes plus abordables . « Ceci notamment en raison de la pandémie de coronavirus, qui a poussé certains locataires à accorder davantage d'importance aux critères de qualité de vie, à l'importance d'avoir de l'espace, un extérieur », explique Séverine Amate. 

La tendance est similaire pour l'achat. Sur la même période, la demande de biens a certes continué d'augmenter à Paris (+5 %), mais dans une proportion très réduite comparée à la demande dans les autres villes. Celles où les demandes ont vraiment explosé sont Bordeaux (+164 %), Nantes (+139 %) et Strasbourg (+100 %). 

Hausse des demandes d’achat dans les grandes villes de province:

Lyon (+53%), Marseille (+89%), Nice (+87%), Bordeaux (+164%), Toulouse (+68%), Nantes (+139%), Rennes (+74%), Strasbourg (+100%), Mulhouse (+27%)

Source : SeLoger

 

Vers moins de logements en location saisonnière ? 

Autre phénomène inédit depuis la pandémie de coronavirus : l'explosion des biens mis en location longue durée à Paris. Ils augmentent de 64 % entre le 1er juin et le 31 juillet 2020 comparés à la même période en 2019. La hausse est également très sensible à Nice (52 %), Bordeaux (39 %), Rennes (+34 %) et Nantes (+32 %). En revanche, à Lyon, Marseille, Strasbourg et Mulhouse il n'y a pas eu d'augmentation. 

Avec la chute brutale de la fréquentation touristique dans la plupart de ces villes à cause du coronavirus, beaucoup de logements normalement loués aux touristes pour des durées courtes se sont retrouvés vides. « Il y a fort à parier que de nombreux propriétaires cherchent maintenant à faire basculer leur bien dans de la location de longue durée. C'est ce que reflète très probablement cette hausse » interprète la porte-parole de SeLoger.

En témoigne également le bond de +11 % d'offre locative en meublé à Paris entre 2019 et 2020, qui seraient pour beaucoup des logements anciennement loués en saisonnier. 

*Ces chiffres concernent les offres ou demandes de vente et de location longue durée vide ou meublée sur le site SeLoger. Tous biens confondus, le site SeLoger agrège 800.000 annonces locatives et 1,2 million annonces de ventes. Le choix des villes est subjectif : ainsi figure Mulhouse, épicentre de la pandémie par exemple.

 

Source: Les Echos, 05/09/2020

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